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Cacophonie vestimentaire chez Versace (PreFall 2011)

Aussi loin que je m'en souvienne, je n'ai jamais été un grand fan de l'esthétique propre à Donatella Versace. Si bien qu'avant de voir une collection, j'ai déjà un avis arrêté généralement négatif et à chaque fois, elle n'a jamais réussi à m'enlever ce statut d'imbécile qui ne change pas d'avis.
L'histoire se répète donc avec le dernier opus Pre Fall de la maison qui, de mon humble avis, est une catastrophe comme on en voit rarement et qui manque profondément de cohérence. 

De primes abords, l'approche se veut baroque tout en faisant appel à quelques codes directement repris  de l'époque où Gianni était encore en tête de sa maison. Ce qui pouvait aboutir à une collection réussie. Seulement, chacune des pièces, des jupes fluides inspirées par l'univers de la danse aux vestes structurées -dont la précision des coupes et l'irréprochable tombé s'avèrent être les uniques points forts de ce Pre-Fall, en passant par les robes de cocktail, se pare de fioritures exacerbées. Si le "Mix And Match"  est une tendance que j'apprécie fortement, ici, les essais orchestrés par Donatella relèvent plus d'une cruelle absence d'harmonie que de l'exploit fashion. On retrouve ainsi des associations d'imprimés léopard, de peau de python, d'illustrations rococo et de rayures graphiques. Qui plus est, tout au long des silhouettes, les combinaisons chromatiques sont mal venues et manquent de concordance. Cet opus ne dégage pas l'aura excessivement sulfureuse que je reproche bien souvent à la marque, nonobstant, à cause de cette affluence de formes et de couleurs, se prêtant  mal au jeu de l'homogénéité, la rétine en prend un sacré coup, et le bon goût par la même occasion.